Les Portes Étroites

Simon François

Editions du Masque - Septembre 2022

Tags :  Paris Années 2010 Entre 250 et 400 pages

Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 21 décembre 2025

Au Maroc, Nassim est un flic ripou qui avec son complice surnommé le Travelo a organisé un système de chantage dans les hôtels de luxe de la région à grands coups de caméras dissimulées. Une bonne affaire, mais qui n’a pas plu à tout le monde et qui a très mal fini.

À Paris, Didier, ancien musicien qui se fait appeler Gibson, est ventouseur pour le cinéma, autrement dit, il garde les places de stationnement pour les équipes de tournage. Un métier « passionnant », qu’il pratique depuis vingt ans. La musique, c’était sa vie, au point d’en oublier sa famille, son fils. Mais peu sont ceux qui s’en sortent dans cette branche. En attendant, Patrick, le minot, a disparu au Brésil et Didier n’a rien vu venir. Depuis, il cherche.
Sur le plateau du tournage auquel il participe actuellement, un acteur est mort défenestré et un jeune ventouseur a été embarqué par les flics.

Toujours à Paris, Inès est journaliste d’investigation et s’apprête à rejoindre un nouveau poste. Elle vient de recevoir une alerte concernant un laboratoire bien connu, qui l’accuse d’être impliqué dans la mort d’un acteur célèbre.

Le lien entre ces trois réalités se fait rapidement, même s’il apparaît un peu capillotracté. La compagne de Didier a suivi un traitement aux effets secondaires néfastes, produit par le fameux labo ; la mort de l’acteur est survenue sur un de ses tournages ; la journaliste apprend par une source anonyme que le même acteur aurait participé à des parties fines organisées par le même labo au Maroc et que l’une d’elles aurait mal tourné.

Beaucoup de clichés, de raccourcis et de maladresses, comme ce ton argotique associé au personnage central, Didier, toujours un peu trop appuyé, mal maîtrisé. Les Portes Étroites a tous les défauts de certains premiers romans qui courent trop de lièvres à la fois. L’auteur veut tellement bien faire qu’il en fait trop et exagère son talent.

Le blues, c’est la poisse en gammes pentatoniques. Pas de chichis, on fait simple, et c’est bien le plus dur. Faire simple, c’est le travail d’une vie. J’en ai vu un paquet se fourvoyer, fourrer des notes partout pour épater la galerie, et ça sonne comme un mauvais film, ça dissone, ça dit sonne un peu fiston parce que là tu ne fais qu’effrayer les oiseaux. Le blues est ailleurs, planqué dans les silences. C’est eux qui font chialer l’âme, causer les morts.
Surtout ne pas jouer, encadrer le silence, le mettre en valeur.
« Le plus important, c’est pas la merde que tu joues, mais celle que tu joues pas », je crois que c’est Miles qui a dit ça.

On est pas loin de la lucidité, voire de la pleine conscience…

La construction se veut sophistiquée, en strates qui se coupent et se superposent sans réel besoin sinon celui de compliquer l’affaire. Peut-être que ce qui fonctionne à l’image (Simon François est aussi scénariste) n’est-il pas à reproduire à l’identique à l’écrit.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

On a les défauts de ses qualités. Cette maxime prend tout son sens avec Simon François tant il a su, avec son second roman, corriger les approximations de sa construction sans dénaturer son propos. On le retrouvera donc avec bonheur dans La Proie et la Meute, beaucoup plus abouti que le présent opus.

Le début...

Les dix premières lignes...

Le môme n’a pas dix ans, ses yeux affichent le double. Sur l’éventaire devant lui, les abeilles et les guêpes s’agglutinent en grappes noires et bourdonnantes autour des pâtisseries. Vingt et une heures. L’appel à la prière résonne dans le dédale des souks, se fracasse contre les murs de la Koutoubia.
Nassim coule un regard inquiet sur son portable, toujours rien. Il saisit deux barres de nougat au sésame sur l’étal, et une bouteille de Poms. D’un signe de tête, il invite le gamin à garder la monnaie sur le billet qu’il lui tend. Le môme le remercie sans sourire.
Il avale une gorgée de soda en mettant le contact de sa Mercedes, une classe E de 2007, récupérée lors d’une perquisition. La ride du lion barre son front, fige son visage ascétique dans une expression tendue. Le Travelo n’a toujours pas rappelé. D’habitude, le Travelo est ponctuel, méthodique les jours de paie.


La fin...

Quatrième de couverture...

Depuis vingt ans qu’il fait des ventouses sur les plateaux de cinéma, Didier est un peu passé à côté de sa vie : sa carrière de musicien n’a jamais pris, sa femme est malade et son fils a foutu le camp.

C’est peut-être pour cette raison qu’il se prend d’affection pour Ted, un jeune ventouseur collant mais pas méchant, l’avenir devant lui, du moins avant d’être accusé du meurtre d’un acteur — ce que Didier refuse de croire. Alors, un peu malgré lui, il accepte de coopérer avec une journaliste pour sortir le gamin de Fleury-Mérogis. Mais l’affaire se corse quand la jeune femme constate d’inquiétants liens entre le meurtre et le laboratoire Delattre, un géant pharmaceutique qui s’est octroyé quelques libertés avec la loi. Et si le duo est prêt à tout pour venir en aide à Ted, il apprendra à ses dépens qu’on ne s’attaque pas impunément aux colosses des hautes sphères…


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Simon François










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Du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.

La Proie et la Meute