Juliette

Thierry Brun

Kubik éditions - Mars 2025

Tags :  Roman noir Crime organisé Service secret Criminel France Années 2020 Entre 250 et 400 pages

Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 24 mars 2025

La première fois que j’ai croisé la plume de Thierry Brun, c’était il y a quasiment vingt ans. Pol’Art Noir balbutiait sur la toile et Thierry Brun fourbissait ses armes. Je tentais alors de donner un peu de visibilité à des auteurs en devenir à travers une rubrique intitulée Le Coin des Artisans. C’est ainsi que nous nous sommes « rencontrés ». Depuis, chacun a tracé sa route. Elles se croisent à nouveau aujourd’hui, pour une « seconde » chance.

Adrien Lendgrave est un homme d’affaires en bisbille avec son frère et sa propre fille à propos de stratégie industrielle et donc d’argent. Une altercation a eu lieu. La police est intervenue. Son frère est blessé et sa fille l’accuse d’agression sexuelle.
En parallèle, on fait connaissance de la mystérieuse Juliette qui se révèle par petites touches. Tueuse professionnelle à l’organisation méticuleuse, elle vient néanmoins de tuer par inadvertance son amant puis d’accepter un gros contrat de son agent, Yann, qui pourrait la mettre à l’abri.

Thierry Brun avance masqué et ne déploie ses cartes qu’au compte-gouttes ; un pari risqué. On ne sait pas trop où l’on va durant la mise en place, les personnages agissent sans qu’on sache qui ils sont, rendant plus difficile l’assimilation. Un industriel en difficulté, un donneur d’ordre, une tueuse bafouée, mais pas encore de véritable lien.

L’énigme, ténébreuse à souhait, sera maintenue longtemps, bien trop longtemps à mon goût. Juliette prépare sa nouvelle mission, son dernier contrat. Elle s’entoure de toutes les précautions, et le récit de prendre une tournure qui s’apparente au récit d’espionnage, avec ses gadgets high tech, ses secrets, sa paranoïa. Pourtant, je n’ai pas réussi à croire au personnage, à m’y attacher. Il m’a semblé que quelques incohérences venaient entacher la crédibilité de Juliette dans son rôle d’ancienne militaire reconvertie en tueuse à gages.
De même, ses rapports avec le monde extérieur, avec les hommes qui l’entourent, m’ont paru bien trop complexes et peu explicites, si bien qu’on se demande un peu ce qu’ils apportent au récit.
Juliette est une solitaire qui mène sa mission. Le but ultime de cette mission, censé être là révélation finale, mais dont on se doute pourtant assez tôt, arrivant bien trop tard pour rattraper le coup.
Comme son personnage, Juliette est un récit torturé, douloureux, dont on peine à saisir le sens profond.

Il y a là comme une forme de recherche esthétique, comme la volonté d’un minimalisme à la Jean-Pierre Melville mettant en scène un tueur incarné par Alain Delon, un Samouraï façon roman noir. On aime ou on n’aime pas ce genre de parti pris. Personnellement, en tant que lecteur, je me suis senti abandonné, laissé pour compte, simple observateur d’un auteur manipulant ses personnages.
On peut parler de rendez-vous manqué.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Désolé, pas d’idée…

Le début...

Les dix premières lignes...

C’est la nuit. Prise dans un effet tunnel, tête baissée et sac à dos à l’épaule, Juliette remonte à pas rapide le boulevard de la Chapelle sous les bâches de protection d’un échafaudage. Elle en émerge, met le pied dans une zone éclairée, tourne à gauche et grimpe dans son auto. Elle s’y reprend à deux fois pour mettre le contact avant de filer vers le nord, par une rue aux immeubles d’un gris uni. Elle conduit à vitesse modérée, en écarquillant les yeux.
Elle rejoint le boulevard périphérique, désert de bitume traversé par les nomades de la nuit. Désert. Sacré désert. Elle se cale sur la voie de droite, se laisse doubler par les véhicules.
Ses doigts s’agitent autour du volant. Ils poissent. Ses gants lui manquent.
On ne peut pas en porter constamment.
Ça fait bizarre. Ça attire l’attention.


La fin...

Quatrième de couverture...

Dans le monde des mercenaires, Juliette est celle qui exécute ses cibles avec méthode et discrétion. Revenue des zones de guerre en Mauritanie, elle est une tueuse particulièrement redoutable et appréciée.
Lorsqu’elle tue par accident son ex-compagnon, elle se voit traquée par les autorités. Elle croise alors la route d’Adrien Lendgrave, un industriel à la tête d’un consortium agrochimique, pris dans un tourbillon de scandales judiciaires et de conflits familiaux.
Acculé par la justice et trahi par ses proches, Adrien Lendgrave engage Juliette pour une étrange mission. Implacable et déterminée, celle-ci ne reculera devant rien pour honorer son contrat. Quitte à franchir toutes les lignes rouges.
Un roman qui, de Narbonne à Paris, entraîne le lecteur dans une spirale infernale.


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Thierry Brun










Edition(s)...

Informations au survol de l'image...

Réédition

Du même auteur...

Bibliographie non exhaustive... Seuls sont indiqués ici les ouvrages chroniqués sur le site.

L'Ombre d'une Chance