L'Affaire Sylla

Solange Siyandje

Gallimard / Série Noire - Février 2024

Tags :  Roman d'enquête Avocat France Années 2010 Entre 250 et 400 pages

Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 13 février 2024

Les cadavres se ramassent à la pelle… En cette fin d’année 2017, pas moins de cinq morts inexpliquées sont à dénombrer dans la capitale ou sa proche banlieue.
Moins de deux mois plus tard, l’enquête a révélé des points communs entre les victimes, pour la plupart d’origine africaine : elles souffraient toutes d’un cancer, consultaient un marabout sénégalais, Moussa Sylla, et ont toutes fini empoisonnées. Le brigadier Sandro, de la brigade criminelle, est en route avec son équipe pour son interpellation.

Moussa est un infirmier à la retraite, arrivé en France en 1972 pour œuvrer sur les chaînes de Renault. C’est aujourd’hui un guérisseur reconnu qui accompagné de ses trois femmes — Fatoumata, Fanta et Diénéba — perpétue des connaissances ancestrales à qui veut bien les recevoir.

Béatrice Fosso-Cooper est avocate, elle-même originaire d’Afrique, et mariée à l’un des dirigeants français d’un grand laboratoire pharmaceutique américain, Merculix. C’est lors d’un repas d’anniversaire qu’elle est mise au courant des ennuis de Moussa ; sa mère lui demandant de lui venir en aide. Dans la communauté africaine, tout le monde se connaît et les nouvelles vont vite.
Sauf que son mari Patrick est bien embêté : lui et son labo ont également eu connaissance des déboires du marabout, mais pas pour les mêmes raisons…

Le début de l’intrigue est assez déroutant dans sa construction qu’on pourrait croire forgée par un apprenti en début de formation. Les enchaînements se font sans développement ou en dépit du bon sens, dans une temporalité accélérée, sans aucun détail ni profondeur et sans grande imagination. On pose tout sur la table, advienne que pourra…
Reste qu’il s’agit d’une « Série Noire », quand bien même l’auteure serait inconnue et qu’il convient donc d’être « patient » pour découvrir la saveur originale du roman.
Après tout, la quatrième de couverture promettait un mariage détonnant entre la médecine traditionnelle d’un marabout africain et celle d’un grand laboratoire pharmaceutique occidental, sous la plume d’une avocate spécialisée dans le droit des entreprises et par ailleurs active au sein d’associations œuvrant pour une meilleure visibilité des minorités africaines en France. Un programme alléchant…
Donc je poursuis ma lecture. Je persévère…

L’auteure est avocate et s’il est une chose qu’elle maîtrise dans son roman, ce sont les détails de la procédure judiciaire. Ici, pas de mandat de perquisition, mais bien une commission rogatoire en bonne et due forme ; on passe d’abord chez les enquêteurs de la police avant de se retrouver mis en examen par un juge. Tout est OK de ce côté-là.
Mais pour le reste… Les bras m’en tombent. Quelle mouche a piqué les équipes de Gallimard pour publier en l’état un tel texte. C’est bourré de clichés, d’invraisemblances. On ne croit pas une seconde à l’histoire qui nous est contée au pas de course sans aucune profondeur.
Le pauvre marabout : balayé en quelques pages à peine, a tout juste le temps d’exposer sa grande sagesse — « l’œuf ne danse pas avec la pierre » — avant de disparaître dans les brumes. Le méchant laboratoire américain : machiavélique et puissant à souhait bien sûr, embourbé dans un scandale dont on ne saura jamais rien ou si peu, prêt à tuer pour continuer à prospérer, mais qui se fait rouler dans la farine en une simple pirouette.
Qualifié de procédural, tout le récit tourne en fait autour de l’avocate, sans doute une sorte d’alter ego de l’auteur. Tout le reste n’est qu’effleuré.

Peut-être suis-je passé complètement à côté de ce roman puisqu’il fait tout de même partie de la sélection finale pour le prix Polar en Série organisé par Quais du Polar et la SCELF.
Peut-être mes attentes n’étaient-elles pas fondées. L’Affaire Sylla restera néanmoins à mon goût synonyme d’une grande déception.
Et pour un temps, je vais m’abstenir de m’enflammer sur une quatrième de couv’ bien torchée.


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Quelques pistes à explorer, ou pas...

Des écrivains de polars africains, ou d’origine africaine, il en existe quelques-uns. Janis Otsiemi fait partie de ceux-là, qui sauront vous apporter un peu plus de saveur.

Le début...

Les dix premières lignes...

Station Miromesnil, Paris 8e, 5 décembre 2017
— Il a été poussé ?
— Peut-être, nous n’avons pas encore visionné la vidéosurveillance.
Deux officiers de police regardaient le corps déchiqueté d’un homme sur les rails du métro de la station Miromesnil. Les secours tentaient de récupérer des morceaux de l’individu encastrés sous la voie ferrée.
— Il va falloir trouver qui c’est, et vu ce qu’il en reste ça ne va pas être facile ! s’exclama l’un des officiers.
— J’espère juste que ce n’est pas un sans-papiers.

Boulevard de la Chapelle, Paris 18e, 6 décembre 2017
Le cadavre d’une femme était étendu sous le pont Saint-Ange qui supportait le viaduc aérien de la ligne 2 du métro sur le boulevard de la Chapelle.
— Les riverains nous ont dit qu’elle était allongée, dos contre ce poteau depuis hier, indiqua un agent en uniforme à son collègue de la police judiciaire. Ils ne s’en sont pas inquiétés, car ils ont cru qu’elle était SDF (…)


La fin...

Quatrième de couverture...

En quelques jours, cinq personnes meurent empoisonnées. La police se saisit de l’enquête et découvre qu’elles ont pour seul point commun d’avoir été en rémission de cancer après avoir consulté un guérisseur, Moussa Sylla. Immédiatement dans le viseur de la justice, Sylla fait appel à Béatrice Cooper pour le défendre. L’avocate remarque que l’une des victimes était en lien avec Merculix, l’entreprise pharmaceutique pour laquelle travaille son mari, mais elle est loin d’imaginer dans quel engrenage elle a mis le doigt…


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Solange Siyandje










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