Une Saison pour les Ombres

Roger Jon Ellory

Sonatine - Janvier 2023 - Traduction (anglais) : Etienne Gomez

Tags :  Thriller Polar rural Serial Killer Quidam Québec Années 2010 Entre 250 et 400 pages


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Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 11 octobre 2023

Jack Devereaux est enquêteur post-incendie et alors qu’il officie il reçoit un appel téléphonique : son frère Calvis, qu’il n’a pas vu depuis des années est en détention à mille kilomètres de là où il se trouve, seul au monde, et avec comportement étrange, il est comme possédé.
Jack accepte de lui venir en aide.
Resté secret auprès de son entourage, collègues, amis, compagne, il n’explique ni sa décision ni pourquoi il n’avait gardé aucun contact. Il part, c’est tout, conservant pour lui tout son mystère.
Alors qu’il voyage vers le Grand Nord et Jasperville, Jack se remémore son passé, ses parents, son grand-père et sa folie sénile, sa sœur décédée, son jeune frère, sa propre fuite, mais aussi les disparitions troublantes de jeunes filles.

(…) Jasperville. Ce nom était en soi une ironie. J’espère-ville. Altéré petit à petit par des travailleurs immigrants non francophones. Désormais Jasperville, de mémoire d’hommes. Ville d’espoir, alors qu’il eût été difficile de trouver un lieu plus désespérant.

Nous sommes au nord de nulle part, dans l’enfer glacial d’une ville minière du Québec située à proximité des monts Torngat, au-delà du cinquante-cinquième parallèle. Un endroit que Jack Devereau a fui dès qu’il en a eu la possibilité, pour sa survie et celle de sa santé mentale. Un endroit qu’il aurait voulu oublier, mais qui vient se rappeler à son « bon » souvenir. Un appel du sang : son propre frère, qu’il n’a plus revu depuis vingt-six ans a besoin de lui.
Jack, au fur et à mesure qu’il se rapproche de sa destination, redevient Jacques et les souvenirs affluent.
La première partie récit alterne entre son voyage, son retour aux sources, et ses souvenirs. On découvre un homme blessé par son passé, embarqué par ses parents dans cet univers hostile qui l’a vu grandir. Un pays de légendes, coupé du monde, un endroit à faire peur.
R.J. Ellory prend le temps de poser son décor. Et quel décor ! À vous faire froid dans le dos, au sens propre comme au figuré.
Peut-être avez-vous sans le savoir déjà croisé des « wendigos », ces créatures surnaturelles et maléfiques issues de la mythologie des Peuples Premiers. Là-bas, c’est un peu leur bête du Gévaudan locale, en plus gore. Lovecraft, Stephen King ou encore Maxime Chattam, entre autres, s’en sont emparés pour faire frissonner leurs lecteurs. Le grand-père de Jacques faisait de même avec ses petits-enfants, dans ses éclairs de lucidité, pour les effrayer, provoquant des cauchemars qui ont laissé des traces. Les légendes sont tenaces.
Calvis, le petit frère que Jacques a abandonné derrière lui, s’est mis en tête de chasser ce genre de créature pour en finir avec les morts inexpliquées de jeunes filles.

Le froid et l’isolement rendent fou. Si certains s’en accommodent, pour d’autres c’est l’enfer. R.J. Ellory nous dresse les portraits croisés d’une communauté aux prises avec cet environnement extrême. Sur un rythme lent, mais soutenu, il fait monter la pression au fil des pages. Monstres de légende ? Cruelle réalité ?
Je ne suis pas un inconditionnel des thrillers, mais j’apprécie ceux concoctés par R.J. Ellory. À l’inverse de certains de ses confrères de plume, il ne se complaît pas à tremper la sienne dans l’hémoglobine par pur plaisir sadique. Il joue adroitement sur les angoissantes situations auxquelles il confronte ses personnages, et il faut bien reconnaître qu’avec Une Saison pour les Ombres il réussit son pari.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

R.J. Ellory est un auteur dont on peut explorer la bibliographie sans trop se tromper.

Le début...

Les dix premières lignes...

On est tous brisés, quoique chacun à un endroit différent.
Telle fut la pensée de Jack Devereaux dans la ruine noire et inondée d’un énième bâtiment brûlé. Depuis près d’une vingtaine d’années, voilà ce qu’il faisait — fouiller les débris fumants de vies éteintes, essayer de répondre à des questions rarement posées, de voir clair dans des histoires qui ne seraient jamais comprises.
Cette fois, il y avait un petit garçon aussi. Le père étendu sur Dieu seul sait quoi, et lui — pas plus de quatre ou cinq ans — avait hurlé de tout le souffle de ses poumons enfumés avant de s’avouer vaincu. Il s’était allongé à côté de son père évanoui et ils étaient morts dans les bras l’un de l’autre. Leurs corps avaient été évacués moins d’une heure plus tôt.
Jack fit signe à son collaborateur, Ludovick Caron.
« Ludo, dit-il. Je l’ai trouvé. »


La fin...

Quatrième de couverture...

Nord-est du Canada, 1972. Dans cette région glaciale, balayée par les vents, où l’hiver dure huit mois, la petite communauté de Jasperville survit grâce au travail dans les mines d’acier. Les conditions de vie y sont difficiles. Au-delà du village, il n’y a rien. Juste une nature hostile, quelques ours, des loups. Aussi quand le corps d’une adolescente du village est découvert aux abords de la forêt, la gravité des blessures laisse supposer qu’elle a été victime d’une bête sauvage. Ce sera en tout cas la version officielle. Et tout le monde prie pour qu’elle soit vraie. Mais, quelque temps plus tard, le corps d’une autre jeune fille est retrouvé.

Montréal, 2011. Le passé que Jack Deveraux croyait avoir laissé derrière lui le frappe de plein fouet lorsqu’il reçoit un appel de Jasperville. Son jeune frère, Calvis, est en garde à vue pour tentative de meurtre. De retour sur les lieux de cette enfance, qu’il a tout fait pour oublier, Jack découvre qu’au fil des années, l’assassin a continué à frapper. L’aîné des Deveraux comprend alors que la seule façon de mettre fin à cette histoire tragique est de se répondre à certaines questions, parfois très personnelles. Mais beaucoup, à Jasperville, préfèrent voir durer le mensonge qu’affronter la vérité.


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Roger Jon Ellory










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