Gueule d'Ange

Jean-Marc Pitte

La Tengo Editions - Novembre 2009

Tags :  Roman noir Polar rural Psychologie Criminel France Années 2000 Littéraire Moins de 250 pages


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Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 24 mars 2012

Directement inspiré d'un fait divers qui s'est déroulé en 2004 dans une commune de Normandie, Gueule d'Ange raconte le meurtre de toute une famille par le fils ainé de quatorze ans.
Si le côté factuel du roman semble suivre avec exactitude le déroulement de cette tragédie, ce livre est avant tout une fiction qui tente de comprendre ce qui peut pousser un adolescent sans antécédent de violence, qui a grandi dans une famille sans problèmes, à tuer. Car, même si Jean-Marc Pitte a suivi au plus près cette affaire en tant que journaliste — ayant même plusieurs entretiens avec Pierre — les états d'âmes des personnages, les dialogues sortent de l'imagination de l'auteur.
Alors que vaut ce Gueule d'Ange ? Et bien, c'est plutôt réussi, même si les premières pages m'ont paru "bizarre" de par le langage que prête l'auteur à cet adolescent, narrateur de l'histoire. Et puis, les chapitres s'enchainent, cette première impression s'étiole, et on découvre la vie de ce jeune homme par des petites scènes de vie, entre les flashbacks qui narrent ses relations difficiles avec sa mère, et le quotidien de son incarcération et de l'instruction en cours.

Ce livre, de part le sujet abordé, m'a tout de suite fait penser au film We Need to Talk about Kevin, la tension en moins, mais le parallèle est indéniable. Au final, Jean-Marc Pitte, sans prendre parti, réussi à nous faire nous interroger sur ce genre de fait divers. Aurait-il eu lieu sans une arme dans la maison ? Qui est à l'abri d'un passage à l'acte ? Peut-être bien personne…


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Pour rester dans le thème de l'enfance ou de l'adolescence, on pourra se pencher sur L'Iroquoi de Pascal Millet, et pourquoi ne pas ensuite s'attaquer au Boucher des Hurlus de Jean Amila, voir à Fantasia chez les Ploucs de Charles Williams.

Le début...

Les dix premières lignes...

L’ogre vert venait d’accepter la mission que lui confiait le prince rabougri (sauver à sa place une princesse prisonnière d’un dragon), quand les pneus de la Kangoo firent crisser les graviers de la cour. J’ai attrapé la zapette, j’ai figé l’image sur l’écran et j’ai pris le fusil. Je l’avais préalablement chargé. J’ai lentement fait le tour du canapé sur lequel j’étais assis. J’ai mis un genou à terre et j’ai posé le double canon sur le dossier en velours grenat. Les graviers ont recommencé à crisser (j’aime bien ce mot, ou plus généralement, j’aime tous les mots de la langue française dont la sonorité évoque l’action ou l’objet qu’ils sont censés décrire). Mais cette fois, c’était les pas de Maman et de Luc qui provoquaient ce bruit. La porte s’est ouverte… Maman est entrée la première… J’ai tiré. Les sacs Auchan sont tombés sur les tommettes, ils se sont affaissés et ont répandu leur contenu (…)


La fin...

Quatrième de couverture...

Gueule d'Ange retrace le parcours d'un adolescent qui a tué toute sa famille alors même qu'il semblait n'avoir aucune prédisposition pour passer à l'acte. Ce roman à la première personne tente de décrire l'irruption d'un crime hors norme dans le quotidien de gens ordinaires.


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Jean-Marc Pitte










Edition(s)...

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