Même pas Malte

Maïté Bernard

Baleine - Février 2010

Tags :  Roman d'enquête Polamour Crime organisé Trafic Psychologie Détective amateur Années 2000 Moins de 250 pages

Edition originale

Un avis personnel...

Publié le : 28 mars 2010

Gabriel Lecouvreur, dit Le Poulpe, n'est pas au mieux de sa forme. Le moral en berne, c'est la déprime qui guète :

Cette dépression était une insulte à l'intelligence de son ami ! Où étaient la flamme d'antan, le sens moral, l'indignation, l'envie d'en découdre, la petite fierté, de temps en temps, d'avoir déculotté quelques grands de ce monde ?

Alors Gérard, l'ami de toujours et patron du Pied de Porc à la Sainte-Scolasse, prend les choses en mains et glisse à Gabriel un exemplaire du Parisien, ouvert à la page des faits divers. Là, c'est un nom, au hasard d'un entrefilet, qui réveille l'œil de Gabriel : Brigid. Brigid Waterford. Le souvenir d'une belle rousse qui le ramène neuf ans en arrière, une femme qu'on n'oublie pas, qui fut en partie responsable du mariage du Poulpe et de Chéryl…
Brigid semble mêlée à la découverte du cadavre d'une femme à Toulon, à côté duquel on a retrouvé un vase rare, dit Au Phare d'Alexandrie, qui est censé faire partie de l'exposition Mystères et Merveilles de l'Art Afghan qui doit se tenir dans un musée parisien. Or, ce vase n'est pas donné comme disparu ; de plus, étant donné qu'il a été brisé, il est impossible d'en faire une copie exacte ; enfin, trop connu, il est invendable, sauf pour un riche particulier. Très riche et… très discret.

Maïté Bernard s'empare du personnage de Gabriel Lecouvreur et le plonge dans ses souvenirs. Voilà le Poulpe embringué dans une course à l'amour perdu… Brigid, la rousse incendiaire aux yeux verts a déjà troublé Gabriel (au temps du Vrai Con Maltais, de Marcus Malte), avec comme conséquence immédiate son mariage avec Chéryl. Neuf ans plus tard, il renoue avec ce passé, et Brigid, malgré le temps, n'a rien perdu de sa faculté de le troubler.
Tout en abordant la question du trafic des œuvres d'art et des pillages successifs des trésors Afghans, c'est bien la question amoureuse que pose Maïté Bernard en se jouant du personnage créé par Jean-Bernard Pouy. Cette fois, ce n'est pas Gabriel Lecouvreur qui mène la danse, mais bien les femmes qui l'entourent, et au premier chef, Brigid.
Gabriel est sous emprise, hypnotisé par cette belle arnaqueuse qui s'offre à lui. Ce n'est plus la raison qui le guide — ce choix qu'il a fait neuf ans plus tôt en préférant Chéryl — mais bien la passion, incarnée par Brigid. Mais le feu, lorsqu'on s'en approche, finit par brûler ; Gabriel en a fait l'expérience. Il lui faudra pourtant résoudre ce dilemme.

— Tu te demandes ce que tu fous là. Tu dois avoir l'impression d'être en train de perdre un bout de ton âme, parce que tu ne fais pas le Don Quichotte, tu n'es pas le justicier d'une cause perdue, tu es juste le vulgaire garde du corps d'une vulgaire voleuse.

Si la position, les interrogations du Poulpe ne sont pas ici "habituelles", l'affaire qui se trame met en lumière les filières qui organisent le pillage systématique de l'Afghanistan et de ses œuvres d'art, parfois très anciennes. La guerre et son "nerf" sont passés par là, et depuis plus de vingt ans, ce sont des milliers et des milliers d'objets précieux qui, grâce aux bons offices des militaires, des trafiquants de tous bords, mais aussi des officines ayant pignon sur rue, ont "disparu" dans la nature, irrémédiablement perdus.

Un épisode du Poulpe à la sensibilité toute féminine qui met quelque peu à mal le personnage de justicier solitaire qu'on a pris l'habitude de croiser.


Vous avez aimé...

Quelques pistes à explorer, ou pas...

Un petit tour en compagnie de Jeanne Desaubry, et notamment son roman Dunes Froides qui, lui aussi, s'attache à sa manière au sentiment amoureux.

Le début...

Les dix premières lignes...

Brigid était nue et regardait son corps. Elle était assise dans un fauteuil confortable sur la terrasse de la chambre mais il faisait nuit, personne ne pouvait la voir. Si elle s'était levée, elle aurait aperçu le square en face de l'hôtel et l'annonce du port au bout de la rue. Elle ne bougea pas. Elle était bien ici, protégée de la réalité. Les trois mois de loyer en retard, le découvert à la banque, le chômage, les rendez-vous à l'ANPE et la lecture des petites annonces. Elle y penserait demain, après avoir bien dormi, après le petit déjeuner dans cette chambre, après la douche (…)


La fin...

Quatrième de couverture...

Il ne manquait plus que ça !
Brigid !
Brigid Waterford. La rousse aux yeux verts que Gabriel avait rencontrée dans Le Vrai Con Maltais. La revoilà, neuf ans plus tard, devant lui… Ou plutôt, devant le vase Au Phare d'Alexandrie. Une merveille inestimable de l'art afghan. Tellement inestimable qu'il est invendable. Dans ce cas, pourquoi Brigid l'a-t-elle retrouvé entre les jambes d'une magnifique morte ?
La belle rousse a quelques réponses, beaucoup de questions et surtout, le goût de l'aventure. Elle rêve d'un coup juteux qui lui assurerait une vie confortable sur l'île de Malte, jusqu'à la fin de ses jours. Alors, pour ses beaux yeux, ses taches de rousseur, sa peau et ses rondeurs, de Cadaques à Séville en passant par le 16e, et Londres, Gabriel va se mettre à l'anglais, à l'espagnol, à la poésie, au boléro, au flamenco et pire encore… à la chanson française !…


L'auteur(e)...

Sa trombine... et sa bio en lien...

Maïté Bernard










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