retour en haut de page

le blog de Pol'Art Noir

tout… sauf des chroniques de lecture

Lalo Schifrin : le roi des ambiances

Il y a quelques semaines, la chaîne France 5 a eu la bonne idée de diffuser en prime time le film Bullit, de Peter Yates, sorti en 1968, offrant ainsi aux téléspectateurs le plaisir de revoir la mystérieuse Jacqueline Bisset ainsi que le très détaché Steve McQueen, aujourd’hui quasiment disparus des radars.

Personnellement, c’était surtout l’occasion de réécouter la musique de Lalo Schifrin.

Un inconnu célèbre

En France, on connait Michel Legrand, qui a composé nombre de musiques de film qui résonnent encore aux oreilles de tout à chacun et s’inscrivent dans la mémoire collective. Aux États-Unis, son équivalent s’appelle Lalo Schifrin.
Étrangement, son nom n’est pas le plus connu du grand public, mais côté notoriété musicale, y a pas photo. Et la liste est longue : Mission Impossible, la série des Inspecteur Harry, Opération Dragon de Bruce Lee et j’en passe…
Il reste avant tout celui qui, à mes humbles oreilles, a composé le générique de Mannix.

Ma première série policière

194 épisodes de 50 minutes, diffusés en France pour la première fois au début des années soixante-dix puis régulièrement durant celles qui suivirent. J’avais alors dix-douze ans et je reste convaincu que ce générique a décidé de la musique que j’aimerai écouter pour les années qui allaient suivre.
C’est jazz à souhait, rendu par un grand orchestre, ça a une pêche d’enfer et ça swingue comme jamais. De prime abord, ça a l’air tout simple et l’écoute est facile. On se laisse emporter et on oublie toute la technique qu’il a fallu déployer pour en arriver là.

C’est pas de la musique, c’est de la science

Car Lalo Schifrin est avant tout un créateur d’ambiance hors pair. Il sait, en quelques notes, non seulement poser le cadre, mais aussi organiser l’espace. Si on revient au film Bullit, dont la poursuite est une des plus réussie au cinéma, c’est lui-même qui a imposé au réalisateur de placer la musique au début de la séquence puis de l’interrompre lorsque les choses s’accélèrent et que la course automobile débute vraiment. L’effet est saisissant. On se retrouve littéralement collé au siège, happé par le ronflement du moteur.
C’est à la fois de la technique pure et de la magie. Vous pouvez d’ailleurs le vérifier par vous-même en visionnant la scène dans sa globalité dans la vidéo de droite (ou la seconde si vous êtes sur mobile), disponible en bas de page.

Au service de l’image et au-delà

Je vous passe les détails des mesures impaires, des rythmes syncopés pour créer la tension, de l’élégance suscitée par les cordes. On n’est pas là pour un cours de solfège ou de musicologie. Tout ce qu’on peut dire, c’est que Lalo Shifrin n’est pas seulement là pour accompagner le propos du film, l’image proprement dite, mais qu’il vient ajouter son propre discours à celui du réalisateur, enrichissant ainsi la définition des personnages, des ambiances, de l’environnement.

Enlevez la musique et le monde parait tout de suite plus fade.

Lalo Schifrin – 1932 / 2025

Bio express :

Lalo Schifrin, né à Buenos Aires en 1932. Pianiste, arrangeur, compositeur et chef d’orchestre.

Plus d’une centaine de musiques de films à son actif, mais aussi une carrière de musicien classique avec quelques symphonies ou concertos.

Décédé le 26 juin 2025, tout juste après avoir fêté ses quatre-vingt-treize printemps.

Commentaires

aucun commentaire pour le moment, soyez le premier à vous lancer !