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Les Invisibles

Roger Jon Ellory

première édition : Sonatine - Avril 2026
traduction (anglais) : Étienne Gomez

Thriller Roman d'enquête Serial Killer Mystique Flic Etats Unis Années 1980 Plus de 400 pages

Couverture

un avis personnel...

publié le 14 juillet 2026

En février 1975, à Ulysses, non loin de Syracuse dans le nord-est des États-Unis, Rachel Hoffmann sort tout juste de l’école de police et se trouve confrontée sa première scène de crime. Une jeune institutrice a été découverte chez elle, allongée sur son lit dans une position très académique, sa main renfermant un message manuscrit soigneusement calligraphié : « Toi qui entres ici, abandonne tout espoir », un vers tiré de la Divine Comédie de Dante Alighieri.
Le sergent chargé de l’enquête n’y met guère de zèle, au grand désespoir de Rachel qui souffre de voir sa première victime abandonnée à l’oubli et soupçonne chez le meurtrier un risque de récidive.
Bientôt, un second cadavre est découvert. Un homme cette fois, assassiné selon le même mode opératoire : anesthésié aux barbituriques puis empoisonné au chloroforme. Et toujours accompagné d’un vers de Dante.

C’est un travail d’enquête, minutieux, rigoureux, mais aveugle, que propose R.J. Ellory à sa jeune stagiaire. Elle comme nous ne connaissons des crimes que les victimes, le mode opératoire, et les messages. Rien sur le mobile, rien sur le meurtrier. Comme les inspecteurs, on est au milieu de la botte de foin et on cherche désespérément le reflet d’une aiguille. Il faut trouver de nouveaux angles, des perspectives différentes.
En 1975, la psychologie criminelle en est à ses balbutiements (le FBI vient tout juste de créer le département des sciences du comportement), mais Rachel Hoffmann et son collègue Michael Ridgway ont l’intuition que c’est la voie à suivre pour élucider cette affaire de meurtres multiples.

On pourrait penser rien de bien nouveau sous le soleil, sinon une nouvelle histoire de tueur en série et de profiling, mais ce serait faire abstraction de l’art du récit propre à R.J. Ellory. Voilà bien un auteur qui sait captiver, quand bien même il emprunte des sentiers déjà largement parcourus par d’autres. Bien sûr, son personnage de Rachel Hoffmann n’est pas sans rappeler une certaine Clarice Starling chère à Thomas Harris, mais il m’a semblé qu’il s’agissait plus d’un hommage en forme de clin d’œil que d’un plagiat éhonté.
En étalant son intrigue sur quelques décennies, R.J. Ellory s’offre la possibilité d’explorer les pratiques du profilage, son évolution au cours du temps et ses progrès. Bien qu’alambiquée (heureusement, on reste dans la fiction), sa construction tient la route en s’appuyant sur des personnages forts aux caractères bien trempés.
L’obsession de Rachel Hoffmann pour cette affaire hors normes semble naturelle, si bien qu’elle finit par la partager avec le lecteur.
Parmi la production abondante de l’auteur, Les Invisibles fait figure de bon cru.

Les gens tuaient pour se défendre, pour protéger leur famille et leurs biens, pour préserver leur territoire, ou pour faire fuir des agresseurs. Il y avait aussi ceux qui tuaient sous le coup de la rage, de la jalousie, de la haine, et même de la passion. Mais c’était l’extrémité la plus sombre du spectre psychologique qui retenait son attention : ceux qui tuaient pour le simple plaisir de tuer ; ceux qui se délectaient au spectacle de la détresse et de la terreur ; les sadiques, les psychopathes ; ceux qui n’avaient pas de boussole morale ; ceux qui n’avaient pas même une once d’humanité. Suivre cette voie, ce serait faire de ces meurtriers les compagnons de ses jours et de ses nuits, ses voisins et sa vocation.

vous avez aimé...

quelques pistes à explorer, ou pas...

Comme évoqué, Rachel Hoffmann n’est pas sans rappeler par certains aspects le personnage de Clarice Starling créé par Thomas Harris dans le roman Le Silence des Agneaux, les deux auteurs explorant le lien particulier qui peut naître de la « relation » à distance entre un tueur et celle qui le poursuit.

le début...

les dix premières lignes

Les pluies arrivèrent, et pendant plusieurs jours elles ne discontinuèrent pas.
Dans le nord de l’État de New York, à vingt-cinq kilomètres à peine du lac Ontario, Ulysses — une petite ville coincée entre les zones humides de l’Oswego et de ses affluents venus des Finger Lakes — se retrouva prise dans un tir croisé de crues qui ne laissa ni répit ni zone épargnée. Lorsque les digues finirent par rompre, trois enfants périrent dans les douze premières heures.
L’Oswego, qui depuis plus de deux siècles attirait les propriétaires terriens par la promesse de terres fertiles, elles-mêmes promesses de vie et de subsistance, était devenu — une fois de plus — un meurtrier. Ce n’était pas la première fois que cette rivière sortait de son lit, chassant la population loin des lacs. La chose s’était produite en 1909, mais les témoins étaient morts depuis longtemps et personne n’en avait plus reparlé depuis des années. La rivière avait une longue histoire de vie et de mort, la vie l’emportant sur la mort dans la mémoire des hommes de même que l’instinct naturel porte à célébrer davantage ce qui donne que ce qui prend.
Le 15 février 1975, alors que la tempête s’éloignait vers le Canada, les secours, la police, le bureau du shérif et de nombreux bénévoles de Syracuse et de Rochester commencèrent le laborieux et désolant processus de sauvetage et de récupération des corps, qui se poursuivit sur plusieurs semaines.
Le nombre de morts grimpa à sept, à quoi s’ajoutèrent deux disparus, présumés noyés. Leurs cadavres étaient sans doute à jamais engloutis dans les profondeurs du lac Ontario.
Un huitième cadavre fut découvert le lundi 17.

la fin...

quatrième de couverture

« Il est partout. Et il est nulle part. Exactement comme le diable. »
1975, Syracuse, État de New York. Rachel Hoffman, nouvelle recrue de la police locale, est appelée sur sa première scène de crime : une institutrice vient d’être assassinée. À côté du corps, un étrange message tiré de La Divine Comédie de Dante. Peu après, une deuxième victime est découverte. C’est le début d’une série d’homicides à laquelle Rachel va être intimement mêlée, nouant une relation très particulière avec le mystérieux assassin. Cinq ans plus tard, alors que l’affaire semble close, une nouvelle vague d’assassinats frappe New York, étonnamment similaires à ceux de Syracuse. Rachel, qui s’apprête à rejoindre l’unité d’analyse comportementale du FBI, ignore encore qu’il lui faudra plus d’une décennie, avec nombre d’autres meurtres à la clé, pour peut-être résoudre cette enquête très personnelle qui, peu à peu, va virer à l’obsession, à la paranoïa, et la mener aux confins de la folie.

bio express...

biographie sommaire de l'auteur

Roger Jon ElloryRoger Jon ElloryEllory est un écrivain anglais né en 1965.
On sait qu’il a goûté de la prison, qu’il joua dans un orchestre de rock du côté de Manchester.

(Une biographie beaucoup plus complète est disponible (en anglais) sur le site de l'auteur - voir le lien ci-dessous)



édition(s)...

originale, réédition(s), poche

Sonatine - Avril 2026Sonatine
Avril 2026

du même auteur...

bibliographie non exhaustive... seuls sont affichés les ouvrages chroniqués sur le site.

Seul le SilenceSeul le Silence
2008
Une Saison pour les OmbresUne Saison pour les Ombres
2023
Au Nord de la FrontièreAu Nord de la Frontière
2024

Les Invisibles
Roger Jon Ellory
première édition :
Sonatine – Avril 2026
traduction (anglais) : Étienne Gomez
Couverture de Les Invisibles

un avis personnel...

publié le 14 juillet 2026

En février 1975, à Ulysses, non loin de Syracuse dans le nord-est des États-Unis, Rachel Hoffmann sort tout juste de l’école de police et se trouve confrontée sa première scène de crime. Une jeune institutrice a été découverte chez elle, allongée sur son lit dans une position très académique, sa main renfermant un message manuscrit soigneusement calligraphié : « Toi qui entres ici, abandonne tout espoir », un vers tiré de la Divine Comédie de Dante Alighieri.
Le sergent chargé de l’enquête n’y met guère de zèle, au grand désespoir de Rachel qui souffre de voir sa première victime abandonnée à l’oubli et soupçonne chez le meurtrier un risque de récidive.
Bientôt, un second cadavre est découvert. Un homme cette fois, assassiné selon le même mode opératoire : anesthésié aux barbituriques puis empoisonné au chloroforme. Et toujours accompagné d’un vers de Dante.

C’est un travail d’enquête, minutieux, rigoureux, mais aveugle, que propose R.J. Ellory à sa jeune stagiaire. Elle comme nous ne connaissons des crimes que les victimes, le mode opératoire, et les messages. Rien sur le mobile, rien sur le meurtrier. Comme les inspecteurs, on est au milieu de la botte de foin et on cherche désespérément le reflet d’une aiguille. Il faut trouver de nouveaux angles, des perspectives différentes.
En 1975, la psychologie criminelle en est à ses balbutiements (le FBI vient tout juste de créer le département des sciences du comportement), mais Rachel Hoffmann et son collègue Michael Ridgway ont l’intuition que c’est la voie à suivre pour élucider cette affaire de meurtres multiples.

On pourrait penser rien de bien nouveau sous le soleil, sinon une nouvelle histoire de tueur en série et de profiling, mais ce serait faire abstraction de l’art du récit propre à R.J. Ellory. Voilà bien un auteur qui sait captiver, quand bien même il emprunte des sentiers déjà largement parcourus par d’autres. Bien sûr, son personnage de Rachel Hoffmann n’est pas sans rappeler une certaine Clarice Starling chère à Thomas Harris, mais il m’a semblé qu’il s’agissait plus d’un hommage en forme de clin d’œil que d’un plagiat éhonté.
En étalant son intrigue sur quelques décennies, R.J. Ellory s’offre la possibilité d’explorer les pratiques du profilage, son évolution au cours du temps et ses progrès. Bien qu’alambiquée (heureusement, on reste dans la fiction), sa construction tient la route en s’appuyant sur des personnages forts aux caractères bien trempés.
L’obsession de Rachel Hoffmann pour cette affaire hors normes semble naturelle, si bien qu’elle finit par la partager avec le lecteur.
Parmi la production abondante de l’auteur, Les Invisibles fait figure de bon cru.
Les gens tuaient pour se défendre, pour protéger leur famille et leurs biens, pour préserver leur territoire, ou pour faire fuir des agresseurs. Il y avait aussi ceux qui tuaient sous le coup de la rage, de la jalousie, de la haine, et même de la passion. Mais c’était l’extrémité la plus sombre du spectre psychologique qui retenait son attention : ceux qui tuaient pour le simple plaisir de tuer ; ceux qui se délectaient au spectacle de la détresse et de la terreur ; les sadiques, les psychopathes ; ceux qui n’avaient pas de boussole morale ; ceux qui n’avaient pas même une once d’humanité. Suivre cette voie, ce serait faire de ces meurtriers les compagnons de ses jours et de ses nuits, ses voisins et sa vocation.

vous avez aimé...

quelques pistes à explorer, ou pas...

Comme évoqué, Rachel Hoffmann n’est pas sans rappeler par certains aspects le personnage de Clarice Starling créé par Thomas Harris dans le roman Le Silence des Agneaux, les deux auteurs explorant le lien particulier qui peut naître de la « relation » à distance entre un tueur et celle qui le poursuit.

le début...

les dix premières lignes

Les pluies arrivèrent, et pendant plusieurs jours elles ne discontinuèrent pas.
Dans le nord de l’État de New York, à vingt-cinq kilomètres à peine du lac Ontario, Ulysses — une petite ville coincée entre les zones humides de l’Oswego et de ses affluents venus des Finger Lakes — se retrouva prise dans un tir croisé de crues qui ne laissa ni répit ni zone épargnée. Lorsque les digues finirent par rompre, trois enfants périrent dans les douze premières heures.
L’Oswego, qui depuis plus de deux siècles attirait les propriétaires terriens par la promesse de terres fertiles, elles-mêmes promesses de vie et de subsistance, était devenu — une fois de plus — un meurtrier. Ce n’était pas la première fois que cette rivière sortait de son lit, chassant la population loin des lacs. La chose s’était produite en 1909, mais les témoins étaient morts depuis longtemps et personne n’en avait plus reparlé depuis des années. La rivière avait une longue histoire de vie et de mort, la vie l’emportant sur la mort dans la mémoire des hommes de même que l’instinct naturel porte à célébrer davantage ce qui donne que ce qui prend.
Le 15 février 1975, alors que la tempête s’éloignait vers le Canada, les secours, la police, le bureau du shérif et de nombreux bénévoles de Syracuse et de Rochester commencèrent le laborieux et désolant processus de sauvetage et de récupération des corps, qui se poursuivit sur plusieurs semaines.
Le nombre de morts grimpa à sept, à quoi s’ajoutèrent deux disparus, présumés noyés. Leurs cadavres étaient sans doute à jamais engloutis dans les profondeurs du lac Ontario.
Un huitième cadavre fut découvert le lundi 17.

la fin...

quatrième de couverture

« Il est partout. Et il est nulle part. Exactement comme le diable. »
1975, Syracuse, État de New York. Rachel Hoffman, nouvelle recrue de la police locale, est appelée sur sa première scène de crime : une institutrice vient d’être assassinée. À côté du corps, un étrange message tiré de La Divine Comédie de Dante. Peu après, une deuxième victime est découverte. C’est le début d’une série d’homicides à laquelle Rachel va être intimement mêlée, nouant une relation très particulière avec le mystérieux assassin. Cinq ans plus tard, alors que l’affaire semble close, une nouvelle vague d’assassinats frappe New York, étonnamment similaires à ceux de Syracuse. Rachel, qui s’apprête à rejoindre l’unité d’analyse comportementale du FBI, ignore encore qu’il lui faudra plus d’une décennie, avec nombre d’autres meurtres à la clé, pour peut-être résoudre cette enquête très personnelle qui, peu à peu, va virer à l’obsession, à la paranoïa, et la mener aux confins de la folie.

édition(s)...

originale, réédition(s), poche

Sonatine – Avril 2026Sonatine
Avril 2026

bio express...

biographie sommaire de l'auteur

Ellory est un écrivain anglais né en 1965.
On sait qu’il a goûté de la prison, qu’il joua dans un orchestre de rock du côté de Manchester.

(Une biographie beaucoup plus complète est disponible (en anglais) sur le site de l'auteur - voir le lien ci-dessous)